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Les Echos du Sud-Ouest

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Da Dénis maire de périgban : «Les jeunes d’aujourd’hui veulent aller plus vite que le temps »


Da Dénis est un homme aux multiples casquettes. Éleveur, Producteur, l’homme est l’actuel maire de Périgban, commune situé à 25km de Gaoua. Président régional des producteurs semenciers du sud-ouest  et trésorier du Bureau national des producteurs semenciers. Dénis est celui qui a offert une mairie au congrès pour la démocratie et le Progrès(CDP) dans le Poni. Lors de son passage à Ouagadougou pour le 7ème   congrès du parti, Bafujiinfos l’a rencontré. Dans cet entretien, il revient sur sa fidélité à l’ex- parti au pouvoir et sa vie de producteur.

Un producteur à la tête d’une mairie, est ce que vous n’êtes pas souvent gêné ?

Gênés pourquoi. Non pas du tout. Etre producteur c’est un métier, je ne me gêne aucunement pas.  Etre producteur ce n’est pas donné à n’importe qui. Si c’est la langue de Molière je la pratique donc , il n’ya pas de problèmes.

A quand remonte votre engagement dans la politique

Mon engagement dans la politique remonte à la création de l’ODP-MT. A l’époque j’ai occupé le poste de secrétaire général de la sous-section de périgban jusqu’à la création du congrès pour démocratie et le progrès(CDP). Depuis lors je suis resté dans ce parti .

Après l’insurrection populaire beaucoup de vos camarades ont changé de parti. Pourquoi vous vous êtes resté fidèle au CDP ?

Il y a une manière de faire la politique. Ce n’est pas quand c’est rose que l’on reste. Le jour de l’insurrection j’étais à Ouaga et j’ai même fait quatre jours ici dans la capitale parcequ’il n’ y avait pas d’occasion pour rentrer à Gaoua. De retour au village j’ai rencontré les militants et nous avons échangé. Il y a eu beaucoup de pressions sur moi, m’intimidant de quitter le parti pour le MPP. D’aucun m’ont dit que si je ne le faisais pas, j’irai en prison. D’autres ont même dit que c’est grâce à Salifou Diallo que je suis devenu grand producteur et si lui il, démissionne moi aussi je dois démissionner. Tout ne se dit pas mais j’ai rencontré des difficultés. Dans la vie il y a des hauts et des bas mais en toute chose, il faut tenir. J’ai pris l’engagement d’être et de rester CDP quel qu’en soit les problèmes.  Dieu sait combien de personnes m’ont approché pour que je démissionne. Des pressions et des intimidations de toutes sortes j’en ai eu.

Parler nous de votre élection à la mairie de Périgban sous la bannière du CDP

Ce n’était pas du tout facile. Nous avons été écarté de la présidentielle. J’ai postulé pour les législatives mais j’étais convaincu que je ne vais pas passer. Mais législatives m’ont motivé à postuler pour les élections municipales. Je tiens à préciser que nous n’avons pas bénéficié du soutien du parti pour battre campagne, étant donné que les comptes étaient gelés. Nous avons ceigner et au finish, le CDP a obtenu 30 conseillers contre 27 pour le MPP et 03 pour l’UPC. C’est peut être grâce à ma personne que j’ai été élue. Mon courage et ma fidélité m’a valu la cooptation au poste de  secrétaire général de la section CDP du Poni. Je suis à ce congrès avec 65 personnes.

Qu’allez-vous faire pour redonner vie au CDP ?

C’est déjà fait. Les 10 sous-sections dans les communes sont mises en place. De retour du congrès, je vais travailler à la mise en place des  comités de base. Je le fais sans moyen mais c’est grâce à mes relations.

Parlons à présent d’autres choses. Comment êtes-vous rentré dans la production agricole?

C’est une longue histoire.  Après l’obtention de mon CEP , j’ai pris la direction de la côte d’ivoire. Le lycée c’était à Bobo et n’ayant pas eu la bourse pour faute de moyens j’ai opté pour l’aventure. Tout jeune j’arrive en côte d’ivoire ou j’ai travaillé dans une plantation. Toute l’année j’ai eu 35000frcs. Cet argent m’a permis d’aller dans un atelier de couture. Deux années après je savais très bien coudre. Mon oncle m’a payé une machine. J’ai travaillé à mon propre compte avec cette machine pendant deux ans en côte d’Ivoire. Cependant j’ai décidé de rentrer m’installer au pays. J’ai ouvert mon atelier mais après introspection je me suis dit que ce métier ne va pas m’aider à subvenir convenablement à mes besoins.

C’est donc qu’après  l’approche de la saison agricole, j’ai payé trois tines d’arachides et j’ai commencé à produire. A la fin de la saison ça m’a rapporté 8sacs, j’ai vendu pour payer un taurillon et mon oncle m’a ajouté un autre. Plusieurs choses ont favorisé ma carrière de producteur. D’abord l’opération 30000 charrues payable en 05ans dont 15000fcrs l’an pour payer mon payable en 05ans.

Une chose non moins importante c’est mon esprit d’écoute. En effet j’écoutais beaucoup et je mettais en application les conseils des techniciens. Ces derniers m’ont choisi pour faire  des champs écoles et j’étais un modèle dans le village. Depuis lors j’ai commencé à produire des arachides, du coton et bien d’autres productions. L’acquisition des charrues m’ont beaucoup aidé.

A ce jour combien d’hectares vous produisez l’an ?

L’année dernière  j’ai exploité 25 hectares soit 3 en arachide, 05ha en sorgho et 17 ha de Maïs. J’arrive à le faire grâce à ma famille et parfois grâce à la main d’œuvre.Il faut que les tracteurs m’aident énormément dans mes productions.

Cela fait plus de 20 ans que vous êtes dans la production, est ce que cela vous rapporte ?

Enormément. Je produis de la semence et lorsque le gouvernement vient payer ça me rapporte assez. Je ne regrette pas d’être allé à la terre. Je n’envie personne dans la vie. Si je le fais c’est comme si je suis ingrat à l’endroit de Dieu. Cette année par  exemple j’ai récolté 32 tonnes de maïs, 3 tonnes d’arachides et 2 et demi de sorgho. Si l’Etat vient prendre je n’ai pas moins de 15 millions. Même si l’Etat ne vient pas prendre, j’ai a mangé et je peux écouler au niveau local.

Vous parlez comme si tout est rose .Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Premièrement c’est la pluie, ces 5 dernières années, il ne pleut pas assez et ça joue sur nos productions. Il y a aussi l’absence d’intrants de bonne qualité. Nous utilisons du tout-venant. La main d’œuvre fait d’œuvre fait défaut. Les jeunes ne veulent plus travailler. C’est l’immédiat, beaucoup vont dans les sites d’or.

Quel est message à l’endroit des jeunes

La jeunesse, Il faut que les jeunes aiment ce qu’ils font. J’ai toujours dit aux projets d’appuyer les jeunes qui font déjà quelque chose et non ceux qui ne font rien. Mon message à l’endroit de la jeunesse c’est que la terre ne ment pas. Il faut qu’il sache que ce n’est pas l’immédiat qui compte mais c’est l’avenir qui importe. Le drame c’est que les  jeunes aujourd’hui veulent aller plus vite que le temps.

Un message à l’endroit de ceux qui veulent devenir producteur semencier ?

C’est un bon métier. D’abord tu as suffisamment à manger. Beaucoup de gens négligent l’agriculture mais c’est le secteur de l’avenir. Les débuts ne sont pas faciles, mais il faut y croire. Moi je reste disposer à donner toutes les informations nécessaires à ceux qui veulent se lancer dans la production.

Vous êtes un fervent supporteur  de Bafuji FC. Cette année votre club le Bafuji FC  descend en troisième division. Quels sont vos sentiments ?

Ça me fait très mal. Nous avons travaillé(contributions) pour que le Bafuji FC aille en première division et des gens ont travaillé à le faire descendre en troisième division. Je pense que la mauvaise organisation, la mauvaise gestion sont à l’origine de cette situation. Pire il y a eu la démission du Bureau en cours de saison.  Je  pense que ça joué énormément. Une chose à ne pas négliger c’est le manque de moyens .C’est l’une des causes principale de la descente du Bafuji FC en troisième. Un joueur qui mange à 400frcs ou qui peine à manger comment est-ce qu’il peut bien jouer sur le terrain ? Nos élus et les intellectuels de la région n’ont rien fait pour soutenir le club. C’est l’’argent qui fait le football.

Dalou Mathieu Da

 



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