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Les Echos du Sud-Ouest

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8 mars au centre universitaire de Gaoua: une conférence pour mieux comprendre le rôle de la femme dans la société 


A l’occasion de la 163e journée internationale de la femme, les étudiants du centre universitaire de Gaoua ont organisé plusieurs activités pour commémorer cette journée dédiée à la femme. A côté des activités festives, ils ont décidé d’échanger sur le thème « La femme africaine : son rôle actuel et futur ». Cette journée a été parrainée par Johany TAONSA Agent comptable à la Direction régionale des transports et de la mobilité urbaine du sud-ouest.

La conférence publique aura été l’activité phare de la célébration du 8 mars par les étudiants du centre universitaire de Gaoua. Cette conférence dont le thème est « La femme africaine : son rôle actuel et futur » a permis aux étudiants de faire un retour en arrière pour mieux appréhender la place qu’occupait la femme autrefois dans nos sociétés.

Pour le conférencier Serge BAYALA, « Pour pouvoir réinventer la femme d’aujourd’hui, celle de demain, il faut déjà se poser la question d’où on est venu, qui elle était hier et d’où est venue la dégradation. On a pu constater qu’historiquement la femme africaine n’a pas besoin d’émancipation mais de réhabilitation ». La femme autrefois avait une place honorable dans la société africaine contrairement aux sociétés occidentales où elle était réduite à un objet d’ornement et de procréation. « Nous avons pu constater que la reconnexion qu’il faut à la femme africaine est soutenue par un passé glorieux où elle a un rôle dans une société matriarcale comme les sociétés lobies, dagara, akan. On a constaté qu’historiquement, on avait des femmes chefs d’état. On avait la reine Achep shout en Egypte antique, on avait la reine Aminatou au Nigéria, la reine Yennega, Abla BOKOU, Sharawinya. On a un ensemble de femmes qu’on ne pourrait jamais finir de citer mais qui ont été des exemples de chefs d’état, de générales de l’armée qui ont marqué positivement notre histoire » a-t-il soutenu. Pour lui, le combat qu’il faut mener actuellement, c’est comment reconnecter les jeunes hommes et les jeunes femmes de sorte qu’ils ne partent pas se mettre en compétition avec les occidentaux parce que nous n’avons pas à nous battre pour que la femme ressemble à l’homme pour que l’homme ressemble à la femme mais nous devons nous battre pour garantir à chacune des entités sa respectabilité, sa différence positive. Le conférencier a ajouté que la femme et l’homme sont complémentaires et ce sont les deux qu’il faut travailler à libérer de l’influence occidentale. « L’homme à lui seul ne fait pas le monde donc c’est la complémentarité.  Notre propos c’était de dire que la femme africaine doit avoir un statut mieux amélioré que celui qu’elle a aujourd’hui parce que la colonisation et l’esclavage ont détruit à la fois la femme et l’homme africain. Le discours d’émancipation de la femme doit se faire pour les deux. Si on libère la femme et on laisse l’homme dans l’abîme colonial dans lequel il est, il va reproduire la même férocité blanche sur la femme » a argumenté Serge BAYALA.

C’est avec intérêt que les étudiants ont suivi cette conférence. La concentration était totale quand le conférencier a pris la parole. Il a été fréquemment interrompu par  les applaudissements nourris des étudiants qui visiblement ont été convaincus par Serge BAYALA qui ne s’est pas contenté de parler de la libération de la femme mais aussi du combat que les africains doivent mener pour briser le complexe culturel, conserver leur identité culturelle afin de se revaloriser aux yeux des autres peuples. Z. Brenger DABIRE estime que cette conférence va lui permettre de changer la perception qu’il avait de la femme africaine. « Cette conférence est la bienvenue, nous l’apprécions à sa juste valeur d’autant plus qu’elle vient renforcer notre connaissance sur le rôle de la femme. On a appris beaucoup de choses sur le rôle qu’occupait la femme dans la société africaine. Ça nous amène à changer l’idée que nous avions de la femme africaine et on va travailler à éliminer ces préjugés dans la société. Ce qui m’a particulièrement touché, il a axé sa communication sur la culture qui est le socle de développement mais on a tendance à l’oublier, à la perdre » a-t-il déclaré. Comme lui Florentine ZONGO a appris beaucoup de choses à travers cette conférence surtout le rôle de la femme dans les relations sociales, la cohésion et la place glorieuse qu’elle occupait.
 Johany TAONSA a été avec Mariam PODA les parrains de cette journée. « Quand j’ai été approché pour être parrain, je n’ai pas hésité un seul instant pour accepter parrainer cette journée de réflexion qui remet la femme à sa place et vu que je suis aussi étudiant de ce centre universitaire, j’ai saisi l’occasion pour rendre belle cette journée » a dit le parrain. Pour rendre belle cette journée, le parrain a exigé à ce que cette conférence soit inclue aux activités ludiques proposées par les étudiants. « Quand j’ai été approché, dans le programme, il n’y avait pas de conférence mais je me suis dit qu’en tant qu’étudiants, on ne peut pas continuer à commémorer cette journée comme d’autres le font. Il faut qu’on échange sur la place de la femme dans le passé et son rôle dans le futur. J’ai tenu à ce que cette conférence ait lieu » a-t-il expliqué. Il dit être disponible pour accompagner ces genres d’initiatives.

Plusieurs activités étaient au programme de cette journée dont un échange avec l’écrivain Gnindé BONZI, des matchs de football et une sortie détente. L’écrivain Gnindé BONZI par ailleurs formateur à l’ENEP de Gaoua a à son actif quatre œuvres écrites en quatre ans. Ses écrits sont basés sur la période révolutionnaire du Burkina. En tant qu’écolier puis collégien, il a vécu la révolution. Et pour lui, on ne peut pas parler de l’histoire du Burkina sans de cette période. Pour être écrivain, il faut avoir un rêve savoir écouter et savoir observer. Quant aux activités sportives, le premier match a opposé les étudiants aux élèves-maitres de l’ENEP de Gaoua. Et le second match s’est disputé entre les filles des deux filières que compte ce centre universitaire à savoir la Gestion du Patrimoine culturel et touristique (GPCT)  et la filière Science Biologique Appliquée (SBA).  Les étudiants ont aussi démontré au cours de cette journée leur talent artistique à travers un Slam et une prestation humoristique.

Dar Flavien DA



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