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Les Echos du Sud-Ouest

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Arouna Ilboudo: Ce rebouteur pour qui, soigner les fractures et les entorses n’a plus de secret  


Arouna Ilboudo est un guérisseur de renom, spécialisé dans les soins des fractures et entorses. Installé à Tchoyo un village de la commune de Diébougou il y a environ 40 ans, ses patients viennent de diverses localités la région, voire de l’extérieur du pays.

Des malades qui souffrent de fractures et d’entorses, certains ont les pieds ou et les mains bandées, c’est le constat que l’on peut faire dans de nombreuses concessions aux alentours de la cour de Arouna Ilboudo à Tioyo.

Ce dernier est l’espoir de ces malades. Des malades venus de diverses localités de la région du Sud-ouest. D’autres sont arrivés de la Côte-D’ivoire. Seul ce septuagénaire a le secret de son don.  Il l’a hérité de sa maman. Il  a pris en location près d’une trentaine de chambres pour héberger ses patients. Aidé par deux de ses fils, tôt le matin il fait le tour des concessions pour leur appliquer des potions et décoctions en faisant des incantations.  « Je suis né trouver ma maman avec ce don. Elle m’a encouragé à continuer ce travail. Même si l’os est totalement fracturé, je peux le soigner et l’os va se souder de nouveau. Ce travail ne s’apprend pas, c’est un don. Deux de mes fils ont eu ce don comme moi. Des gens viennent des localités de la région du Sud-ouest, de Bobo, de Tenkodogo, de Ouagadougou, du Niger et de la Côte-D’ivoire. J’utilise la terre pour soigner mes patients. Au bout de quelques jours ou quelques semaines, le malade retrouve la santé » nous témoigne le vieux rebouteur.

Selon les malades, le vieux guérisseur est une lueur d’espoir pour plus d’un. Les résultats des soins sont incroyables. Hien Bonfité est arrivé de Kalamon en Côte-D’ivoire pour des soins. Il a eu une fracture suite à un accident de la circulation. «  Je roulais à moto, il y avait quelqu’un devant moi. C’est cette personne qui a provoqué l’accident. J’ai eu une fracture au pied. On m’a transporté à l’hôpital, après quelques soins, les infirmiers m’ont conseillé d’aller continuer le traitement avec des produits de la pharmacopée traditionnelle. Je suis arrivé ici il y a environ 20 jours. Sincèrement, les soins du vieux là sont efficaces. Je vais beaucoup mieux. A mon arrivée j’avais de la peine même pour m’asseoir. Actuellement, je me tiens débout, je marche sans l’aide de quelqu’un » ,raconte Hien Bonfité.

Kounsière Aubin Hien, quant à lui est arrivé de Bapla, un village situé dans la commune de la Bougouriba. Il est à son treizième jour chez le vieux rebouteur. « C’est une  femme qui m’a induis en erreur et qui a causé un accident. C’est mon pied qui était cassé. La fracture était ouverte. J’ai passé 5 mois à Diébougou là-bas. Mon patron est de Bouroum-bouroum. C’est lui qui m’a informé sur les soins que le vieux donne. Il applique des produits sur la partie fracturée, il bande le pied ensuite et il me conseille de faire de petits mouvements. En moins de deux semaines, j’arrive à me déplacer sans utiliser une canne. Je me demande d’où il tire ses connaissances, il est sans pareil » .

Pour les soins, Arouna Ilboudo prend juste de petites sommes avec ses patients. Elles servent à payer les frais de loyer. « Je ne prends rien avec un malade avant sa guérison. C’est quand le malade recouvre la santé que je réclame une petite somme. Je laisse partir ceux qui n’ont rien. Il y en a qui promettent de m’envoyer de l’argent quand les choses iront mieux. Certains respectent leur promesse, d’autres par contre ne me font plus signe, mais comme je ne soigne pas pour m’enrichir, je n’en fais pas un problème » nous explique le vieux Ilboudo.

De père en fils

Deux fils du vieux se tiennent à ses côtés pour soigner les patients. Pour eux ce n’est pas un apprentissage.

« C’est un don, je n’ai pas à apprendre. Je suis commerçant, mais chaque jour je dégage du temps pour venir dans la cour de mon papa pour l’aider à donner les soins. J’ai eu à soigner de nombreux malades. Ici ce n’est pas l’argent la priorité. C’est la santé des patients qui nous importe » nous dit Boureima Ilboudo, l’un des fils de Arouna Ilboudo. Quand une fracture nécessite une intervention chirurgicale, le rebouteur réfère le patient à la santé moderne.

Pour faciliter les activités du guérisseur, ses hôtes lui ont offert un espace où il pourrait construire des logements pour héberger ses éventuels malades. Faute de moyens financiers, ce sont les herbes qui occupent ladite portion de terre. Cela constitue la principale difficulté.  C’est pourquoi lui-même et ses patients lancent un cri de cœur à toute personne de bonne volonté et aux autorités pour un accompagnement dans ce sens. Aussi une étroite collaboration entre ce guérisseur hors pair et la santé moderne sera d’une importance capitale au bonheur des populations.

Lasscoul



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