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Les Echos du Sud-Ouest

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  Maître Ambroise FARAMA : « Dès les premiers instants de la prise de pouvoir MPP, les recrutements djihadistes se faisaient au vu et au su de tous »


Connu pour son engagement à défendre les valeurs de notre cher pays et du peuple burkinabè, maitre Ambroise FARAMA puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un homme de droit mais aussi un homme politique à qui Bafujiinfos a voulu tendre son micro ce 11 Novembre 2019. Dans cet entretien que nous vous proposons, vous trouverez ici, la vie de l’homme, son parcours professionnel, son engagement politique mais surtout son analyse de la situation nationale avec cette crise sécuritaire que traverse le Burkina Faso. En somme, maitre Ambroise FARAMA vous parle. Lisez plutôt.

Bafujiinfos : Maitre pour commencer, présentez-vous à nos lecteurs.

Me A. FARAMA : Je suis maitre Ambroise FARAMA, je suis avocat, inscrit au barreau du Burkina, j’ai prêté serment depuis août 2003.

Bafujiinfos : A présent maitre, parlez-nous de votre parcours scolaire.

Me A. FARAMA : Mon parcours scolaire, il faut dire que j’ai été à l’école comme tout autre enfant burkinabè. J’ai peut-être eu la chance d’avoir un père enseignant, ce qui m’a sans doute permis d’avoir un parcours scolaire beaucoup plus intéressant. J’ai obtenu mon certificat d’étude primaire (CEP) en 1987 à Tiébélé dans la province du Nahouri, le BEPC en 1992 au lycée Bafuji de Gaoua et le BAC série D, en 1996 toujours au Lycée Bafuji de Gaoua. Mais à l’époque on composait à Banfora. Arrivé à l’université, j’ai fait la FAC de droit et sciences politiques et je suis sorti de la faculté de droit et de sciences politiques en 2002 avec la maitrise en droit option droit judiciaire. La même année en fin décembre 2002 donc, on a lancé le concours du certificat d’aptitude à la fonction d’avocat auquel j’ai postulé et j’étais immédiatement admis. Donc dès 2003, je prêtais le serment pour commencer le stage afin d’accéder à la fonction d’avocat.

Bafujiinfos : Depuis donc 2003 jusqu’à nos jours vous êtes avocat à la cour, quel rôle vous jouez dans le système judiciaire ?

Me A. FARAMA : Le métier d’avocat, c’est un métier d’assistance, de conseils et aussi de représentation. L’avocat en tant que professionnel du droit, il a donc des clients avec qui il est en relation, qu’il conseille sur le plan juridique, qu’il peut également assister lorsque ses clients sont devant une institution judiciaire ou juridique et il a également la possibilité de les représenter en fonction donc de la matière devant un certain nombre d’instances.

Bafujiinfos : Maitre, dans ce métier d’avocat que vous exercez, qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?

Me A FARAMA : J’avoue que quand vous regardez la noblesse du métier, quand vous regardez également les besoins d’être assisté par toute personne qui est dans un contentieux, et que vous regardez également le nombre d’avocats qu’il y a et le coût d’une procédure judiciaire, finalement vous réalisez que l’accès à un d’avocat n’est pas accordé à tout le monde. Nous sommes environs vingt millions de burkinabè, mais avec moins de trois cents avocats, finalement on se demande comment les autres font pour avoir droit à un avocat ? Quand vous regardez également le coût des procédures et vous voyez également le niveau de vie de nos populations, vous vous rendez compte que toutes ces personnes ont besoin d’assistance mais malheureusement elles ne peuvent pas y accéder soit pour des contraintes soit budgétaires soit des contraintes de disponibilité de l’avocat. C’est donc une question très délicate. Et moi de par mon éducation j’ai toujours pensé qu’il était bon de pouvoir apporter assistance même aux personnes qui ne pouvaient pas espérer avoir droit à un conseil. Mais en même temps, plus vous vous engagez à soutenir les personnes démunies en même temps vous vous retrouvez surchargé par un nombre de dossiers qui devient croissant et ça vous créé une difficulté de temps et de disponibilité pour être efficace dans le traitement des dossiers. Au même moment vous avez des charges auxquelles il faut faire face. Donc comment trouver le juste milieu pour pouvoir répondre à la fois aux besoins de ces personnes et surtout aussi être efficace et assurer le bon fonctionnement du cabinet, c’est une chose très délicate. C’est une situation qui nous marque au quotidien d’être impuissant face à certaines doléances des personnes qui sollicitent notre conseil. Et il n’y a rien de plus douloureux de savoir que telle personne se trouve dans une situation où elle est victime d’une violation de ses droits mais en même temps on se rend compte qu’on est impuissant de l’apporter l’aide dont elle a besoin. Et ça, on finit par en souffrir soit même. Et c’est ce qui me marque le plus dans cette profession.

Bafujiinfos : Maitre, dites-nous aussi quelle joie vous anime après un procès gagné ?

Me A. FARAMA : la joie qu’on peut tirer est que lorsque vous voyez une personne qui est en position de détresse qui vient à vous et que finalement après un procès la personne est soulagée, même si vous n’avez pas reçu un paiement conséquent, vous êtes soulagé et heureux de savoir que vous avez fait œuvre utile et que vous avez été utile à la société parce qu’il faut le reconnaitre, à chaque fois qu’une décision de justice est rendue, c’est une décision qui contribue certainement à la cohésion sociale.

Bafujiinfos : parlons politique à présent. Dites-nous comment s’est passé votre engagement en politique ?

Me A. FARAMA : J’avoue que mon engagement en politique est consécutive à un certain nombre de procédures judiciaires que j’ai eu à conduire, notamment dans le cadre du contentieux électoral. De par le passé j’ai eu un passé militant, j’ai été délégué général du lycée Bafuji de Gaoua. Quand j’y étais comme élève, nous avons mené des luttes et des revendications avec des élèves à l’époque. J’ai été par la suite à l’université, membre du comité exécutif de l’ANEB et par la suite secrétaire général de l’ANEB. Et lorsque je suis entré dans la vie active, je ne pensais pas aller en politique. Mais à partir de 2005, commence la question de la modification de l’article 37 et du maintien donc de Blaise Compaoré au pouvoir. A l’époque nous avons considéré que cette modification était anticonstitutionnelle. Avec donc Me Hermane Yaméogo et le grand frère Me Prosper FARAMA et moi-même, nous avions introduit à l’époque des procédures devant le conseil constitutionnel pour faire déclarer cette modification anticonstitutionnelle. Il faut dire qu’à l’époque ce n’était pas facile car le peuple burkinabè n’avait pas compris le sens de notre combat. Mais quelques années plus tard, les gens nous ont rejoint dans la rue pour soutenir effectivement cette anti constitutionnalité là. En tant que juriste c’est comme si on avait un peu une longueur d’avance sur les choses. Comment se fait-il que à l’époque la classe politique n’avait pas une telle vision et qu’il fallait attendre finalement en 2014 pour que la classe politique se réveille  alors que nous déjà en 2005 nous avons sonné l’alarme. Est-ce que c’est parce que nous n’étions pas sur le terrain politique que finalement on a bien pu voir des choses et comme on est en dehors de la politique on a pu influencer le jeu politique avec cette question-là ? c’est une problématique. Ensuite on arrive en 2010 où également avec Me Bénéwendé Sankara, nous décidons d’attaquer l’illégalité de la carte d’électeur. Car à l’époque la carte d’électeur n’était pas conforme à la loi. Donc j’étais chargé de faire ce recours devant le tribunal administratif. Un recours que nous avons d’ailleurs gagné parce que le tribunal administratif a statué à l’époque en disant que la carte d’électeur était illégale. Mais pendant la préparation de cette procédure-là, il avait été convenu entre partis politiques de l’opposition que à quelques jours des élections, tous les représentants de l’opposition à la CENI, la commission électorale indépendante devraient rendre leur démission pour soutenir le combat de l’illégalité de la carte d’électeur. Mais à ma grande surprise lorsque j’introduisais le recours en justice, un seul commissaire de l’opposition en son temps a démissionné et les autres ont refusé. Alors qu’on m’avait donné l’assurance que c’était un acquis, que tous les commissaires de l’opposition à la CENI allaient rendre leurs lettres de démission. A partir de ce moment-là, je me suis posé beaucoup de questions. Finalement est-ce que les hommes politiques que nous avons sont des hommes de vertus qui respectent la parole donnée ? ils ont failli faire échouer le combat que nous avons mené pour obtenir aujourd’hui la carte biométrique. A la fin quand vous regardez tout cela vous vous dites finalement que si on continue de laisser la politique entre les mains de ceux-là qui ne sont guidés que par leurs intérêts personnels au détriment des intérêts de la société burkinabè, il y a un grand risque de se rendre tous coupables par notre silence ou par notre inaction. Voilà comment après 2010 je décide alors d’entrer en politique en me disant qu’il est temps que nous soyons plutôt actif que de rester dans l’ombre faire seulement des procédures judiciaires mais il faut également aller sur le terrain politique pour apporter sa contribution. A l’époque quand je regardais tous les partis politiques, le parti qui avait des convictions qui se rapprochaient plus ou moins des miennes c’était l’union pour la renaissance parti sankariste : l’UNIR/PS en ce sens qu’il est parti avec le mérite d’affirmer son caractère révolutionnaire. Voilà pourquoi nous nous sommes engagés auprès de l’UNIR/PS. Nous avions donc cheminé avec ce parti mais malheureusement après l’insurrection et les élections de 2015, les choix et les options de ce parti semblaient ne plus convenir avec nos aspirations, ce qui nous a donc amené à quitter ce parti et à proposer une autre voie à notre peuple.

Bafujiinfos : concrètement quelles sont ces options prises par l’UNIR/PS et qui ne vous convenaient pas ?

Me A. FARAMA : D’abord il y a l’option de la cohabitation avec le régime MPP, que nous avions estimé qu’elle est bien possible mais devait être encadrée avec des closes bien claires. Ensuite il fallait mettre un cadre de surveillance de l’exécution de cette cohabitation. Aussi les négociations ont été faites sans moi alors que j’assistais à toutes les rencontres préparatoires au sein de l’UNIR/PS avant les négociations. Mais lorsque qu’il était question de constituer un groupe pour aller rencontrer le MPP, nous autres (parce que je n’étais pas le seul) qui posions des conditions, qui avions des exigences, on étaient jamais associés. Conséquence et au finish, lorsqu’il (le MPP) mettait en place le gouvernement dans lequel l’UNIR devait participer, aucun accord écrit n’était disponible. Vous vous imaginez que des avocats puissent s’engager dans une telle aventure sans avoir au préalable signé des accords écrits étant donné que nous conseillons nos clients à toujours faire des écrits, appréciez vous-même. Mais après ça nous avions cru tout de même à la bonne foi des acteurs en pensant que l’urgence pouvait faire de telle sorte que l’écrit ne soit pas disponible avant la mise en place du gouvernement, mais nous avions poursuivi cela pendant près d’un an et nous n’avions jamais eu gain de cause. Finalement quand on n’est pas à mesure de savoir les accords qui lient le MPP à l’UNIR/PS, j’ai refusé de me rendre coresponsable de la gestion d’un pouvoir dans de telles conditions. Encore que je savais pertinemment que le régime MPP est un régime qui était incapable de pouvoir sortir le Burkina Faso de la situation dans laquelle nous nous trouvions et que ce n’était pas un parti qui avait donc les moyens de constituer une véritable alternative pour notre peuple. Personnellement à partir de ce moment-là j’ai donc estimé que je ne pouvais pas rester à l’UNIR et à être coresponsable d’une gestion que je savais à l’avance calamiteuse. Voilà les raisons pour lesquelles je suis parti de l’UNIR/PS pour proposer une autre voie au peuple.

Bafujiinfos : Cette autre voie que vous proposez au peuple burkinabè est la création de l’organisation des peuples africains- Burkina Faso en abrégé OPA-BF quelles sont les valeurs défendues par votre nouveau parti ?

Me A. FARAMA : Ce sont les valeurs d’intégrité, de probité, de transparence. L’organisation des peuples africains est un parti révolutionnaire, anti impérialiste et panafricain. Nous entendons mettre fin à tout ce qui relève de l’ancien système coloniale, néocoloniale qui nous gouverne jusqu’aujourd’hui dans tous les secteurs d’activités. Il faut penser africain, aller sur la base de nos valeurs africaines d’origine, pour définir notre voie endogène de développement. Nous disons également que nous sommes un parti panafricain en ce sens que nous avons la conviction que l’avenir des Etats africains se trouve dans le panafricanisme et que les Etats africains laissés de façon isolés et individuels ne pourront jamais concurrencer les grandes puissances de ce monde. Ce n’est pas pour rien que l’Afrique a été morcelée. Car il fallait la morceler pour mieux contrôler et exploiter les richesses de l’Afrique. Et pourtant si nous nous mettions ensemble et que nous constituons de grands Etats fédérés, nous allons être capables de résister à l’ancienne puissance coloniale et nous allons pouvoir ensemble constituer des marchés africains afin que les ressources africaines puissent être exploitées et appartenir véritablement aux Etats africains. Et c’est comme cela qu’on pourrait concurrencer avec les autres grandes puissances et avoir un jeu d’équilibre dans nos rapports.

Bafujiinfos : Ambitionnez-vous de prendre part aux élections à venir en 2020 ?

Me A. FARAMA : Oui ! pour l’instant même s’il n’y a aucune certitude qu’il y aura des élections en 2020. Mais je vous donne l’assurance que les prochaines élections, l’OPA-BF sera candidat aussi bien à la présidentielle qu’aux législatives.

Bafujiinfos : A présent maitre Ambroise FARAMA, quelle analyse faite vous de la situation sécuritaire dans notre pays ?

Me A. FARAMA : La situation sécuritaire que traverse notre pays est une situation délicate. Mais nous l’avions toujours dit, le pouvoir MPP a manqué de vigilance et d’anticipation dans sa gestion du pouvoir. Regardez dès les premiers instants de la prise de pouvoir MPP, les recrutements djihadistes se faisaient au vu et au su de tous. Dans le nord, les différentes mairies frontalières ont alerté et j’allais dire le mot d’ordre du MPP était de dire de laisser faire. Soit disant que sous l’ancien régime, ces gens étaient là mais ils n’ont jamais attaqué le Burkina Faso donc faut les laisser. Ça c’est de l’amateurisme. Ensuite, dès que commencent les premières attaques terroristes, on nous dit tout de suite qu’on met l’armée au devant des choses. Ce n’était pas une question d’armée en son temps ! C’était plutôt la police et la gendarmerie qu’il fallait mettre en avance pour que des enquêtes puisse être menées pour démanteler les cellules terroristes avant de faire intervenir l’armée. Mais lorsque vous faite intervenir l’armée qui n’est pas spécialisée dans le domaine des enquêtes, conséquences on se retrouve aujourd’hui avec des cellules dispersées partout sans qu’on ait pris les mesures de mener des enquêtes afin de retracer toutes ces cellules-là. C’est véritablement l’incompétence de ce régime qui nous conduit dans cette situation aujourd’hui. Après survient le massacre de Yirgou sans que le président n’ai pris de mesures appropriées pour que de telles barbaries ne se reproduises plus si ce n’est pas   de demander pardon aux ministres qui ont ordonné ce massacre sans que justice ne soit rendue aux familles des victimes. Vous savez, l’accumulation des frustrations et des injustices fini toujours par créer des conditions de la radicalisation vers l’extrémisme violent. Un autre phénomène qui nous a conduit dans cette situation, est le manque de bonne stratégie de lutte. Les exécutions extrajudiciaires aussi sont courantes au Burkina Faso. Et quand cela existent, ne soyons pas surpris qu’il y ait des gens qui finissent par rejoindre les cellules terroristes car ils se sentent plus protégés avec les terroristes qu’avec nos forces de défense et de sécurité. Il est donc temps que tout cela soit bien assaini.

Bafujiinfos : Aujourd’hui on parle de recrutement de volontaires. Est-ce à dire que votre appel en date du 26 Août dernier a été entendu ?

Me A. FARAMA : Je pense que le chef de l’Etat a compris plus ou moins notre message. En Août dernier nous avions animé une conférence de presse ou nous avions dit qu’il fallait appeler les gens sur le drapeau. En son temps il n’avait pas réagi. Il laisse quand tout est pourri il sort pour dire volontaires. Et voyez il n’a pas voulu utilisé les mêmes termes que nous mais c’est différent. L’appelle sur le drapeau est une notion déjà légale. Il y a déjà une législation là-dessus. Mais quand vous parlez de volontaires, qu’est ce qui règlemente cette vie de volontaires ? Pour moi c’est une déclaration faite dans l’émotion. Vous ne pouvez pas aussi demander de volontaires du moment que le problème posé par les FDS est un problème de matériels. Alors c’est aux volontaires que vous allez trouver du matériel ? N’est-il pas plus judicieux d’équiper les policiers que de faire appel aux volontaires ? bref ! c’est pour vous dire à tel point que j’ai la conviction que ce régime-là ne peut pas nous sauver de la situation de sécurité dans laquelle nous sommes. Ce régime-là est composé de gens qui sont mus par un esprit de revanche et d’une volonté de s’enrichir rapidement.

Bafujiinfos : Maitre si vous étiez le président du Faso, quelle flèche auriez-vous alors pu sortir pour combattre l’insécurité grandissante dans notre pays sachant que la dernière attaque du convoi des travailleurs de SEMAFO a fait plus de 38 morts et de nombreux blessés?

Me A. FARAMA : D’abord je voudrais m’incliner sur la mémoire des disparus et souhaiter prompt rétablissement aux blessés et par la même occasion présenter mes condoléances aux familles éplorées. Ce qui est arrivé pose d’abord un problème des hommes qui nous gouvernent. Je ne peux pas comprendre qu’après un tel évènement que le ministre de la défense, de la sécurité et celui des mines tous soient à leurs postes comme s’ils n’ont aucune responsabilité. Je dis non ! Quand on sait que c’est une zone dangereuse pourquoi ne pas prendre des dispositions pour sécuriser les personnes qu’on déplace. Je dis, il faut situer d’abord les responsabilités. Il faut sanctionner et mettre des hommes à la place qu’il faut. A tous les niveaux vous allez vous rendre compte que dans la chaine de commandement il y a un problème. Et ça si j’étais premier responsable de ce pays, je situe d’abord les responsabilités et j’impose les remaniements qu’il faut. Ensuite, si le pays est menacé, les autres dépenses deviennent subsidiaires et la question de la sécurité devient prioritaire. Il y a aujourd’hui des drones qui sont capables de détecter des mines anti personnelles. C’est dire que le convoi pouvait être précédé d’un drone qui détecterait tous les pièges cachés.  Est-ce à dire que nous ne sommes pas capables d’acheter des drones ? Je dis non ! c’est une question de choix, d’option, c’est une question politique. A la limite on se demande si ceux-là qui nous gouverne veulent réellement lutter contre l’insécurité. S’ils ne veulent pas lutter contre l’insécurité, qu’ils cèdent le tablier pour permettre à d’autres personnes de conduire ce pays-là dans de meilleurs conditions.

Bafujiinfos : Autre chose à présent, Maitre étant de la région du Sud-ouest, quand vous voyez le niveau de développement de cette région, quelle réaction ?

Me A. FARAMA : Quand je regarde le développement de cette localité, à la limite ça me révolte. Une région qui fait frontière avec le Ghana et la Côte d’ivoire, une région qui est bien arrosée qui devait être l’une des régions les plus riches du Burkina. Mais malheureusement quand vous regarder en matière d’investissement routiers, agricoles, et autres n’y en a pas. C’est dommage mais quand vous regardez les premières démissions du CDP pour aller constituer le MPP, les ressortissants du Sud-ouest étaient les plus nombreux. Ils auraient dû être les premiers à conduire véritablement le MPP. Mais aujourd’hui ils sont les derniers. Il suffit de regarder la composition du gouvernement actuel aucun ministre du Sud-ouest à part le premier ministre. C’est la preuve que nous avons une classe politique qui ne sait pas faire une géopolitique. Pourtant tout le monde s’accorde à dire que les compétences de ce pays sont plus du Sud-ouest. Mais malheureusement ce sont ces compétences-là qui ne sont pas appelées sur le terrain politique. Justement les ressortissants du Sud-ouest ont une certaine liberté de penser, d’opinion et de franchise dans ce qu’ils font. Mais je dis si les autres n’ont pas besoin de nous, c’est à nous de savoir nous organiser pour faire en sorte que nous soyons incontournables dans la gestion du pouvoir d’Etat et défendre les intérêts de notre région.

Bafujiinfos : En tant que jeune, quel appel avez-vous à lancer à l’endroit de la jeunesse ?

Me A. FARAMA : D’abord je voudrais lancer un appel à l’endroit de nos ainés en leur disant que nous ne venons pas en politique pour les défier, ni pour leur faire de l’ombre, nous venons en politique pour renforcer le combat qu’ils ont déjà mené. Nous avons donc besoin de leurs bénédictions et de leurs conseils et que nous voulons qu’ils nous éclairent et nous guident. A la jeunesse nous disons que l’avenir c’est la jeunesse. Nous disons que les choix politiques dépendront aujourd’hui de la jeunesse.  Nous interpellons donc toute la jeunesse à faire une bonne lecture afin que à l’occasion des prochaines échéances électorales, que l’insurrection populaire que nous avions fait dans la rue, que nous la fassions cette fois ci dans les urnes afin d’opérer le véritable changement que nous avons toujours souhaité.

Bafujiinfos : un dernier mot pour finir vous en avez ?

Me A. FARAMA : Mon dernier mot c’est de souhaiter à Bafujiinfos plein succès. Car dans le domaine de la presse et de la communication ce n’est pas chose facile. C’est   un projet ambitieux de créer un journal en ligne qui est Bafujiinfos. Je souhaite que ce projet puisse donc être réalisé selon vos ambitions. Vous pouvez compter sur mon soutien chaque fois que vous aurez besoin.

Entretien réalisé par :

Sansan Bertin SIB

tinosbs@gmail.com



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