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Les Echos du Sud-Ouest

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NIKIEMA François dit « Café chaud » : le secret de la réussite, c’est la patience


Né vers 1962 à Pitmoaga dans la commune de Kokologo, province du Boulkiemdé, François Nikièma est allé très jeune à l’aventure. D’abord à Ouagadougou puis en Côte d’Ivoire et enfin à Gaoua où il s’établit définitivement. Il évolue dans la restauration et l’entreprise a pris son surnom « Café chaud ». Aimable avec tout le monde, ce père de famille de 6 enfants est aussi très croyant. Bafujiinfos a voulu en savoir davantage sur l’homme. Lisez !

Nikièma François dit « café chaud » dès son jeune, est attiré par le goût de l’aventure comme ses camarades. C’est ainsi qu’à l’âge de 12 ans avec un de ses amis ils sont allés à Ouagadougou à pied. François travaillera d’abord chez un médecin à Zogona où il était payé à 250 F par mois. Mais la Nostalgie du village l’amènera à rejoindre son ami à Ghoungin, quartier où il peut rencontrer chaque jour quelqu’un venu du village pour prendre des nouvelles. Suivant les conseils de sa grand-mère, François retournera régulièrement au village. « Ma grand-mère m’a conseillé de ne pas cultiver ailleurs. Donc pendant la saison pluvieuse, je rentre au village cultiver et après la fête de Noel, je repars à Ouaga ». Il fera un bref séjour en Côte d’Ivoire avant de revenir au pays natal. « En 1978, Je suis allé en Côte d’Ivoire. D’ailleurs, on m’a trompé pour m’envoyer. Il y a un de mes amis qui était allé. Celui qui l’a amené est revenu me dire que mon ami demande chaque fois après moi et que si je voulais y aller, il pouvait m’y amener. Je suis allé mais je suis revenu quelques temps après ». Avant cette aventure presque forcée en Côte d’ivoire, Nikièma François avait son petit commerce de cola au village qui marchait bien. « Je partais au marché acheter la cola et je venais tourner dans les familles pour vendre.  Souvent, on achète la cola à 25 et il n’y a pas d’argent pour payer, on attrape un poussin et on te donne. C’est de là qu’on m’a amené en côte d’ivoire en 1978. Je suis revenu en 1980. Ça aussi, on n’acceptait pas que je revienne. Je suis revenu parce que ça a coïncidé avec le laisser passer de Saye Zerbo ».  De retour au pays, son oncle l’a fait venir chez lui à Ouaga pour le confier à un peintre. Mais après un temps passé à la capitale sans suite, il retournera au village pour commercer le commerce des noix de karité. Plus tard, il fera vendre les noix de karité pour aller s’installer à Ouagadougou pour son commerce.  Malheureusement, il connaitra des problèmes de santé et sera victime de vol de la part de ses employés. « J’ai eu des problème et je suis resté à l’hôpital pendant 55 jours à Ouaga en 1982. Il y avait quatre enfants qui étaient avec moi dont un était mon petit frère. Deux d’entre eux ont volé mon argent et ils sont partis. Il restait une personne mais lui aussi avait tenté mais j’ai pu récupérer l’argent ». De retour de l’hôpital, il se rendra compte que son commerce ne tient plus. Ainsi, il a décidé en 1982 de suivre son oncle maçon pour venir à Gaoua. En plus de son activité de maçonnerie, François sortait les week-ends pour vendre divers articles qui restaient de son commerce à Ouaga. Il vendait avec son oncle et les autres manœuvres jusqu’en 1986. A cette date, son oncle a pris son matériel et a décidé de vendre du café sous un cailcédrat derrière la Station Total du marché. Quand l’entreprise Dramé a voulu commencer les travaux de construction du marché central, il est revenu au bord de la salle de cinéma. Finalement, il est rentré et son neveu a repris la main. C’est cette activité qu’il a continué jusqu’aujourd’hui. Pour réussir, il faut du courage nous confie Nikièma François.  « Je vais vous dire une chose, pour travailler c’est le courage. Sans le courage, on ne peut pas évoluer. En ce moment, on vendait le fagot de bois à 100 F ou 125 F.  Vers 10h, s’il n’y a plus de clients, je prends mon vélo, je vais en brousse casser le bois venir continuer mon café. Si tu te donnes Dieu t’accompagne ». Grâce à sa détermination, il a pu s’acheter en son temps une moto. « J’ai acheté ma première moto CT à 140 000 F le 15 avril 1986. C’est avec ça je me déplaçais de Gaoua à Ouaga. J’ai fait 5 fois aller-retour. Quand je me lève à 5h ici, j’arrive avant que le soleil ne tombe ».

Nikièma François est surnommé « Café chaud » en relation avec son activité et il est plus connu sous ce sobriquet que par son propre nom. Il a été surnommé par Abdoulaye Guiré lui-même surnommé « docteur chaussure ». « C’est Guiré Abdoulaye dit « Docteur chaussures » qui m’a donné ce nom. A l’époque, nous étions quatre au sud-ouest qui portions vraiment le concert des auditeurs à la radio. Il n’y a pas cette semaine où nous n’envoyions pas de demandes à la radio pour le concert. Il y a un à Nako, un à Doropo, Docteur chaussure et moi. C’est à partir de là qu’est parti le nom café chaud ». Aujourd’hui,  l’activité qu’il mène se porte bien. « Je rends grâce à Dieu, c’est grâce à ça que je vis, j’arrive à scolariser mes enfants. J’ai six enfants. Il y a quatre qui sont à l’école et deux ont fini leurs études ». « Café chaud » visiblement ne regrette pas d’être venu à Gaoua. «  Je remercie la famille qui nous a accueillis. C’est la famille de Jean Bosco, il était directeur des TP à Ouaga. C’est la construction du bâtiment de Jeanne KAMBOU, la fille de Walhirèna qui nous a amené ici. Elle en a parlé à Jean Bosco qui a dit qu’il a un maçon là-bas qui lui fait ses travaux. Et c’est ça qui nous a amené à Gaoua en 1982 ».

Courage et persévérance sont les clés du succès

François « café chaud » est connu de tous à Gaoua. Il rit et plaisante avec tout le monde.il parle toutes les langues de la localité. Les langues qu’il ne comprend pas, il tente d’apprendre à saluer.  Pour lui cette amabilité presque innée est nécessaire dans le domaine d’activités où il évolue. « Pour s’entendre avec tout le monde, l’homme nait avec, c’est un don de Dieu. Le secret, c’est le respect. Si tu ne respectes pas les gens on ne peut pas parler de toi en bien. Surtout je suis dans un domaine commercial où l’accueil compte. Un bon plat c’est l’accueil. Si tu rates l’accueil, tout ce que tu donneras sera salé. Mais si l’accueil est bon le client peut te faire des remarques. Dans le cas contraire, il ne reviendra plus » a-t-il confié.

Pour Nikièma François le secret de la réussite, c’est aussi la patience. Aller pas à pas selon ses moyens, chose que la jeunesse aujourd’hui n’entend pas de cette oreille. « Le problème de la jeunesse aujourd’hui, c’est l’impatience. On veut gagner sans prendre le temps. C’est vrai que les temps ne sont pas les mêmes, mais aujourd’hui, tu ne verras pas un jeune qui va essayer avec une tablette, se lever tôt pour dire qu’il va pour vendre du café. On a de grandes ambitions. Si j’avais ceci si j’avais ça… alors que tu as tes 10 doigts. Tu ne vas pas commencer petit à petit en allant ? Tu veux survoler tes moyens. Qu’est ce qui a fait ça ? Il y a les projets qui veulent aider les gens donc chacun a croisé ses bras et il attend.  C’est ça qui met les jeunes en retard » a-t-il conseillé. Nikièma François a été victime d’un accident de la circulation il y a de cela deux ans, il se porte mieux mais se déplace toujours avec des béquilles. « Aujourd’hui, je rends grâce à Dieu, je me porte mieux. Je remercie toute la population de Gaoua, toutes les communautés religieuses sans distinction pour leur soutien. Je voudrais remercier sincèrement les agents du CHR de Gaoua surtout ceux de la chirurgie. Sans eux, on aurait amputé le pied. J’ai essayé l’indigénat mais ça n’a pas marché ».

Eduquer, c’est la solution aux maux qui minent notre société

Pour les maux qui minent notre société notamment l’incivisme, la responsabilité incombe aux parents. « Nous  avons faussé à quelque part, nous les parents. Personne n’a le temps pour l’éducation des enfants. Tous ce que les enfants voient à la télé, sur Facebook, c’est ça qui les guide dans leur vie ». Il poursuit en disant que « C’est l’orpaillage qui a accentué le phénomène. C’est avec l’arrivée des orpailleurs que la vitesse dans la circulation s’est accélérée. Les jeunes qui voient ça veulent aussi faire comme eux. Or ce qu’ils prennent ce n’est pas ce que vous prenez. Quelqu’un qui va sortir d’un trou d’une profondeur de 100 m. Il ne craint rien. Ce que je vais dire aux enfants, c’est d’être prudents ». Il conseille les élèves et les étudiants de se lever tôt pour ne pas être pris par le temps. «  Les étudiants et les élèves, eux ils chronomètrent leur trajet. Ils attendent à 10 mn du début pour prendre la route. Alors qu’il y a les STOP et les feux tricolores. Il faut faire doucement. Pour vivre longtemps, il faut être prudent. Il y a des choses qui peuvent arriver accidentellement sans la vitesse mais la plupart du temps, c’est la vitesse qui cause les accidents.

Des proches témoignent

Abdoulaye Guiré dit « Docteur chaussure est une connaissance de longue date de François Nikièma. Il livre son témoignage sur l’homme. « François est venu à Gaoua en tant que aide-maçon. Quand son patron est rentré, il vendait du café au marché et on l’appelait « café chaud ». François est bon avec tout le monde. Quand il était encore au marché, il disponibilisait  chaque jour une barrique d’eau pour les femmes qui viennent des villages environnants. Tout le monde s’en servait. Il ne fait pas de distinction. Beaucoup de gens vont manger gratuitement chez François. Il y a même des enfants qui vont dans sa cafétéria utiliser mon nom pour se faire servir. Il est connu dans toute la région du sud-ouest».
Tondé S. Janvier, lui est un de ses anciens employés. Quand bien même il a eu du travail ailleurs, il ne lâche pas son ancien patron. « Je suis arrivé à Gaoua en 2000 et j’ai commencé à travailler avec lui. Il est très bon, il respecte les gens. J’ai travaillé avec lui pendant 10 ans. Je travaille à l’ONATEL aujourd’hui mais pendant mes temps libres je viens lui donner coup de main. Si tu as un problème et tu viens le voir, il résout ton problème. Quand il ne peut pas il te le dit franchement » a-t-il déclaré.

Dar Flavien DA



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3 thoughts on “NIKIEMA François dit « Café chaud » : le secret de la réussite, c’est la patience

  1. hien.sansan.daniel.34@gmail.com

    Vraiment très très courageuse. C’est tes pas du tout facile mais avec sont courage dieu n’a pas voulu laisser tomber. A sont temps une moto CT c’est tai un grand Richard. Merci aussi pour ton message qui peut nous aider avoir même courage !

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  2. Somda

    Content d’apprendre les nouvelles de café chaud même s’il a une canne, j’en suis désolé. Un travailleur, rapide dans le service même en bavardant. Exceptionnel. Meilleure santé, François.

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  3. OUATTARA Seydou

    Personnellement je considère l’homme comme mon père!les mots me manquent quant il s’agit de l’apprecier!le seul à prendre de mes nouvelles hors les membres de ma famille!

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