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Les Echos du Sud-Ouest

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MINISTERE DE LA CULTURE DES ARTS ET DU TOURISME : les travaux du colloque national restitués aux acteurs de la région sud-ouest à Gaoua


Le Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme a organisé le Samedi 28 septembre 2018 à Gaoua une conférence  inaugurale de diffusion des résultats du colloque national sur l’extrémisme violent et les valeurs de référence tenue l’année dernière à Dori. Cette conférence a été présidée par Abdoul Karim SANGO, chef du département en charge de la culture et a été rendue possible grâce à l’accompagnement financier du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Après Ouagadougou et Banfora, c’est Gaoua qui a accueilli ce samedi 28 septembre 2019, la conférence  inaugurale de diffusion des résultats du colloque national sur l’extrémisme violent et les valeurs de référence.  C’est la salle de réunion du conseil régional du sud-ouest qui a servi de cadre à cette rencontre. Il s’est agi pour le Ministère de la culture des Arts et du Tourisme de restituer aux acteurs de la région du sud-ouest, les résultats du colloque national sur le rôle de la culture dans la prévention, la lutte contre l’extrémisme violent et la promotion de la cohésion sociale au Burkina Faso tenu en Novembre 2018 à Dori. En effet, le Burkina Faso est confronté à des attaques terroristes depuis quelques années. Et pour venir à bout de cette crise sécuritaire, il faut avoir une vision holistique. C’est ainsi que le Ministère de la culture a entrepris de combattre ce mal par le recours à nos valeurs ancestrales.

A l’ouverture des travaux de cette conférence, le Ministre de la culture a commencé d’abord par vanter le rôle de la culture dans la vie d’une nation.  «Il ne y avoir d’avenir pour une nation en dehors de la culture. La culture a un potentiel énorme du point de vue symbolique, mais ce dont on parle très peu dans les pays africains,  la culture dispose d’un fort taux de potentiel économique. Le secteur de la culture au Burkina Faso s’il était bien structuré pourrait absorber le chômage des jeunes.  Mon département a entrepris depuis deux ans de sensibiliser les burkinabè autour de nos valeurs culturelles en vue de l’éradication de toutes les formes de l‘extrémisme violent dans notre pays » a-t-il expliqué. c’est ainsi qu’avec l’accompagnement du PNUD, il a organisé le colloque national de Dori en 2018 et il compte partager les fruits de cette réflexion avec les acteurs des autres régions.  Le 2e adjoint au Maire de Gaoua Casimir Kambou dans son mot de bienvenu a salué cette initiative. Il a estimé qu’au vu du contexte sécuritaire, il est judicieux que chaque acteur puisse participer à la recherche de la paix. Pour lui, la culture demeure un puissant facteur de cohésion sociale et nos grands-parents l’avaient  bien compris en instituant la parenté à plaisanterie pour résoudre les conflits. Trois communications ont permis d’éclairer les participants  à cette conférence et poser le débat. La première, présentée par Ousmane Guiguemdé  conseiller technique du Ministre de la culture est axée sur ce qui a guidé le ministère à l’organisation du colloque de Dori. La deuxième communication portant sur la culture et lutte contre l’extrémisme violent a été faite par Monseigneur Der Raphael Koussiélé DABIRE, Evêque du Diocèse de Diébougou. Il a bâti sa communication sur la parenté à plaisanterie et d’autres aspects de prévention et de règlement des conflits dans la société dagara. La parenté à plaisanterie dans cette société comme dans bien d’autres de la région du sud-ouest fonctionne comme un réseau. Elle se pratique entre patri-clan, matri-clan, entre beaux frère et belles sœurs, entre amis et entre grands-parents et petits fils. Elle permet de régler les grosses affaires comme le mariage, les conflits, les décès… Dans le cadre du règlement des conflits, la parenté à plaisanterie se transforme en médiation. Elle impose à tous le respect, l’estime et la redevabilité. Parlant des autres formes de règlement des conflits, Monseigneur a évoqué ce qu’il a appelé « les guerres ludiques »  à savoir la lutte entre bergers et entre jeunes, le tir à l’arc et la chasse traditionnelle. Elles permettaient aux jeunes de se connaitre et de se respecter, ce qui est source d’une cohésion dans la société. C’est  le Ministre Abdoul Karim SANGO qui a clos la série de communications. Il est revenu sur la nécessité d’user de la culture pour parvenir au développement. Il a pris Le cas de la chine qui est un exemple de réussite en la matière. A l’issue des communications les autorités coutumières et relieuses ont été invitées à prendre la parole. Tous ont salué l’initiative. C’est le roi Gan de Obiré porte-parole des responsables coutumiers qui a ouvert le bal de ces interventions. Pour lui il faut que ça soit le quotidien pour les autorités coutumières et religieuses de sensibiliser les gens, d’éduquer aussi les enfants et la jeunesse à avoir une bonne conduite. « Il faut avoir un esprit de tolérance parce que personne n’a intérêt que la cohésion sociale s’effrite » a-t-il dit.  Quant à l’Abbé David SOME qui a représenté l’Evêque du diocèse de Gaoua,  il a estimé qu’il faut cultiver la paix, et la parenté à plaisanterie apparait de ce fait comme un moyen privilégié. Mais comment intégré cette valeur dans le système éducatif, c’est à cette question qu’il va falloir répondre. Il a souhaité que chaque communauté puisse constituer un relais à son retour de cette rencontre avant d’inviter tout le monde à prier pour la paix dans notre pays. DAH Djourbil représentant de la communauté protestante a cité un verset biblique pour parler de l’importance de se documenter sur ce thème. « Mon peuple périt par manque de connaissances » a-t-il dit.  Il a été édifié par ces communications et compte partager les connaissances reçues pour mieux cultiver le vivre ensemble qui est d’ailleurs déjà prôné par l’église. Les débats ont été fort enrichissants. Les intervenants ont fustigé la famille qui ne joue plus le rôle qui était le sien dans l’éducation des enfants, le gouvernement qui n’a pas intégré la culture dans les programmes scolaires et le colon avec les religions révélées qui ont mis en déroute les sociétés africaines.  Aussi bien le Ministre que l’Evêque dit comprendre de telles réactions. « Il y a une flopée d’indignations sur ce que nous sommes aujourd’hui par rapport à ce que nous devions être. Il ne faut pas avoir le sentiment que ce discours sur la nécessité de recourir à nos valeurs culturelles positives soit un discours qui consiste à se refermer sur nous-mêmes. Il s’agit  de nous ouvrir aux autres mais en restant nous-mêmes » a conseillé Abdoul  Karim SANGO. L’Evêque est du même avis. Pour lui, « Il ne faut pas  que nous passions le temps à rejeter la faute sur les autres. Une fois cette conscience prise que les autres nous ont roulé dans la farine, il faut se mettre au travail pour reconquérir notre personnalité culturelle et aller de l’avant. Il y a deux extrêmes à éviter. Celui de croire que quand on dit culture africaine ou valeurs traditionnelles tout est bon dedans. Il faut être réaliste honnête, humble.  Comme toutes les cultures du monde, la nôtre aussi a ses erreurs, ses fautes. Donc il faut les discerner, il faut les éliminer. De la même manière de l’autre côté, dans la culture occidentale, tout n’est pas bon mais tout n’est pas mauvais non plus. C’est à nous de voir ce qui est bon de chaque côté pour prendre » a suggéré Monseigneur.

Pour le Ministre SANGO, l’objectif de ce cadre d’échanges a été largement atteint. Il a convenu avec les acteurs la nécessité qu’on multiplie ces cadres et qu’on éclate davantage les sujets. Avant cela, l’important pour lui est que chacun puisse être un vecteur pour relayer l’information. Pour joindre l’utile à l’agréable, une nuit culturelle sera organisée dans la soirée avec les artistes de la région pour magnifier la culture de cette contrée du Burkina Faso.

Dar Flavien DA



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