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Les Echos du Sud-Ouest

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Economie : L’amande de karité ou la manne du ciel pour les femmes du sud-ouest du Burkina


Dans le grand ouest du Burkina Faso, en début de saison pluvieuse la récolte de la noix de karité occupe une bonne partie des femmes qui vivent en milieu rural. Munies de paniers ou de bassines, elles prennent d’assaut les champs et la brousse à la recherche de cette manne du ciel.

Ce jeudi 04 juillet 2019, nous sommes sur la RN11, entre Gaoua et Loropéni, précisément à Dakoura, un petit village de la commune de Gaoua. Une femme nous intercepte et demande si nous avons un produit qui pourrait soulager son mal. « Je ramassais des noix de karité quand un scorpion m’a piqué au doigt. C’était ce matin dans le champ de mon mari, je sais que nous prenons beaucoup de risques mais c’est notre gagne-pain… », ce sont les propos de Oulèbanami Kamboué.

Tout comme cette dame, elles sont nombreuses ces femmes dans la région du Sud-ouest à braver les reptiles et la rosée du matin à la recherche de la précieuse noix. La noix une fois récoltée est traitée pour extraire l’amande qui est soit vendue, soit utilisée pour produire du beurre.

Une filière peu organisée

Selon Pouronihrèna DA habitante de Dakoura, C’est une activité qui rapporte beaucoup aux familles dans cette localité. Le principal problème reste le prix dérisoire de leur produit.« Les commerçants haussent le prix au début de la récolte pour inciter les femmes à fournir plus d’efforts. Mais une fois qu’elles ont assez récolté, ces mêmes acheteurs rabaissent le prix pour se faire du bénéfice » affirme-t-elle. Pour les commerçants, il n’en est pas ainsi. Kodjo Farma est un opérateur économique à Loropéni. « J’ai  déjà dans mes magasins plus de 800 sacs pleins de l’amande de karité que j’ai achetés. Nous achetons l’amande bien séchée à des prix élevés, cela coïncide avec la période où commence la récolte. Mais nous ne pouvons pas acheter la noix nouvellement récoltée à un prix élevé du fait que ce n’est pas bien séché en général. La plupart des femmes ne sèchent pas assez leur produit avant de nous l’amener pour que nous l’achetions » déclare monsieur Farma. A en croire ses propos, l’Etat ne fixe pas de prix qu’il impose aux acteurs de la filière, cela contribue à une concurrence déloyale entre eux commerçants. Cela constitue le problème majeur. Aussi le mauvais traitement de la noix favorise la baisse des prix. C’est pourquoi M. Farma invite les femmes à bouillir le produit de leur récolte, le sécher avant de le vendre.

Yéri Momo est président d’une association féminine à Loropéni. Selon elle, la filière karité apporte énormément aux femmes. La vente de l’amande ou du beurre produit permet aux femmes de prendre en charge leurs besoins, d’acheter la nourriture pour la famille ou d’assurer l’écolage des enfants. C’est pourquoi Yéri Momo souhaite que l’Etat accompagne les femmes en formation dans les techniques de traitement de de la précieuse noix et la production du beurre.

Lassina Coulibaly dit Lasscoul

 



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