.
.

Les Echos du Sud-Ouest

.

Gaoua : La vente des médicaments de la rue n’effraie personne  


La présence des médicaments de la rue dans les marchés du sud-ouest prend des proportions inquiétantes. Ici dans la ville de Gaoua, femmes comme hommes se donnent à la commercialisation de ces médicaments bien qu’il existe des textes qui interdisent ce commerce. Le nombre d’importateurs de ces produits a même augmenté. Une situation qui inquiète plus d’un.

 

Au marché central de Gaoua à côté des marchandises ordinaires, hommes et femmes exercent en toute liberté le commerce des médicaments de la rue. Les médicaments contre les maux de têtes, les produits anti-palu, contre la colopathie, la fatigue sont entre autres produits qu’on retrouve dans ces pharmacies par terres.

Pour les acteurs de cette activité ce sont de nombreuses familles qui doivent leur pitance quotidienne et la scolarité de leurs enfants à cette activité pourtant  interdite par les textes. «  Je suis à ma 13e année de mariage. J’ai trouvé mon mari dans ce commerce et c’est ici que nous gagnons notre pain pour nourrir nos trois enfants. Avant on pouvait vendre 35 mille par jour et même plus » dixit Fatou O .Y assit non loin de l’abattoir de Gaoua avec une table visiblement débordante par ces médicaments dits de la rue. Elle confie également que c’est le coût relativement moins chers qui à l’origine de l’intérêt porté à ces médicaments. « Tout le monde n’a pas les moyens d’aller en consultation et s’offrir les médicaments de la pharmacie donc nous sommes là pour guérir ceux qui souffrent et qui ne peuvent pas s’offrir des soins de qualité.»

Médicaments par terre : Ennemi de la santé et de la nation

Si cette activité de vente des médicaments illicites  prospère pour ceux qui la pratiquent, elle demeure un véritable problème de santé publique. « Les médicaments de la rue sont des produits exposés dans de mauvaises  conditions  et de ce fait n’arrivent plus à produire les effets escomptés parce que le principe actif est détérioré. Autre aspect, les médicaments de la rue sont des médicaments qui ne sont plus dans le circuit normal ce qui fait que le plus souvent on assiste à un surdosage ou un sous-dosage. Ces médicaments peuvent être à l’origine de certaines maladies » affirme Docteur Adama TAMBOURA pharmacien généraliste  au district sanitaire de Gaoua .

Sur le plan économique, le coût des médicaments vendus illicitement est estimé à environ 2 milliard, ce qui est un manque à gagner pour le pays quand on sait que les taxes spécifiques sur le médicament à l’importation sont d’environ 6%.

De la pénétration des médicaments illicites

Les vendeurs de ces médicaments par terre que nous avons rencontré et qui ont préféré garder l’anonymat  affirment qu’ils vont dans un pays voisin précisément le Ghana pour s’en approvisionner. « Après l’approvisionnement on développe toutes les stratégies possibles pour échapper aux contrôles policiers ou douaniers » martèle Mme ZP ; Avant de poursuivre : « Ici au marché les contrôles se font rarement et nous payons même 50f par jour aux collecteurs de la mairie »

La prolifération des médicaments de mauvaise qualité par le truchement des marchés illicites  présentent d’énormes conséquences sur la santé de la population et sur la santé économique du Burkina. Il est donc du ressort des autorités de prendre des mesures idoines pour son éradication totale en vue de préserver la santé de la population.

Sié Michael DAH



Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *