.
.

Les Echos du Sud-Ouest

.

Ville de Gaoua :  Que deviendraient ces écoliers sans les VADS


A l’occasion  du 57e anniversaire de l’indépendance de notre pays célébrée dans la région du sud-ouest, la ville de Gaoua a bénéficié de nombreuses infrastructures routières. Si ces voies bitumées permettent aux usagers de se déplacer plus aisément, certains s’adonnent à cœur joie à la vitesse mettant ainsi en danger la vie des autres usagers et plus particulièrement celles des petits  écoliers qui se rendent en classe. Conscient du danger que ces tout petits courent en allant à la quête du savoir, le commissariat central de la ville a mis à contribution les volontaires Adjoints de Sécurité pour règlementer la circulation et  les aider à traverser en toute sécurité. Ces pères noël pour les enfants sont confrontés à l’indiscipline et à l’incivisme de certains usagers. Bafujiinfos est allé à la découverte de ces  hommes en violet.

Il est devenu de plus en plus dangereux de traverser la chaussée à Gaoua, malgré les panneaux de signalisation et les feux tricolores. La vitesse est devenue le sport favori de certains motocyclistes ou conducteurs de tricycles grâce aux voies qui sont devenues plus cyclables. Ainsi les accidents sont légions dans la ville. Chaque jour, les élèves sont exposés à ces risques en se rendant à l’école. Heureusement qu’ils bénéficient de l’accompagnement du commissariat de la ville de Gaoua à travers la structure des VADS. Ce sont des auxiliaires de police, habillés en tenue violette qui interviennent dans la règlementation de la circulation. Chaque jour ouvrable, aux heures de se rendre à l’école ou de rentrer à la maison, ils sont postés sur les artères principales à côté des écoles primaires. En plus de réguler la circulation, ils aident les plus petits à traverser la route.

Comment faire traverser les enfants face à tous ces engins roulants dont la vitesse est parfois excessive? Le VADS Bêbê Bertrand Hien explique.  « Il y a une méthode pour faire ralentir les usagers. On avertit d’abord par un coup de sifflet et on lève le bras pour dire à l’usager de ralentir et après, on ferme totalement  pour dire à l’usager de s’arrêter. Dès que l’usager s’arrête, on fait traverser les élèves en toute sécurité. Quand les élèves finissent de traverser, on ouvre la voie pour dire à l’usager de continuer ».   « Quand on aide les enfants à traverser, ils nous disent Merci.  Ce travail est vraiment noble. Ça aide les enfants à passer, à aller en classe en sécurité, à sortir et à rentrer chez eux en sécurité sans accident » se réjoui Bertrand Hien.

Des écoliers  toujours reconnaissants

«Chaque jour, les VADS nous aident à traverser parce qu’il y a des gens qui circulent mal. On leur dit merci » a témoigné Tapsoba ulrich élève en classe de CM1 à l’école centre A de Gaoua.  Sa camarade Bagagnan Alimata estime quant à elle que si les VADS  ne les aidaient pas, il   y aurait beaucoup d’accidents parce qu’il y a des gens qui circulent à vive allure. Les parents d’élèves qui vont  déposer leurs enfants ainsi que les riverains de la route nationale N° 11 notamment ceux qui sont à côté des écoles centre sont témoins du travail abattu par les hommes de l’officier Garango. Par ailleurs, ils fustigent le comportement de certains usagers indélicats.  Djao Somé est mécanicien à l’entrée des écoles « centre ». Pour lui, « les VADS font un bon travail sinon la façon dont les gens font la vitesse, ça n’allait pas être facile. Le fait que les VADS sont déployés ça dissuade certains usagers et les amènent à ralentir. J’invite les motocyclistes à ralentir à l’approche des établissements scolaires. Il y a des panneaux de signalisation, mais tous ne savent pas  les lire. Ceux qui ont fait l’autoécole, arrivent à lire les panneaux et à les respecter ». Souleymane Soulama est enseignant à l’école centre A de Gaoua. Il qualifie ces comportements d’actes inciviques qu’il n’arrive d’ailleurs pas à s’expliquer.  « Ce sont des actes d’incivisme. Les VADS  sont d’un grand apport pour la population et les tout petits qui n’ont pas la notion de la circulation routière.   Leur action est vraiment salutaire. Des gens qui sont là pour réguler la circulation, il y a lieu de les encourager, de les féliciter afin qu’ils puissent poursuivre au lieu de les injurier.  Rester sous le soleil pendant des heures et des heures, ce n’est pas une chose aisée ».  Ces comportements, Bertrand et ses camarades les vivent presque tous les jours mais cela ne les décourage pas outre  mesure. Ils continuent d’accomplir au mieux leur tâche.  « Parfois nous ne sommes pas   compris. Certains usagers refusent de respecter les consignes mais nous ne les obligeons pas. Quand ils refusent de s’arrêter, on arrête tous les enfants pour qu’ils ne partent pas vers les motocyclistes».  En plus de ces cas de refus d’obtempérer, certains usagers en viennent à tenir des propos désobligeants envers ces volontaires.

Réguler la circulation est très difficile à Gaoua

 L’officier de Police Garango a expliqué que par moment les VADS sont obligés de se ranger sinon, ils risquent d’être eux-mêmes victime d’accident. Quand ils demandent de s’immobiliser, vous voyez, ils disent que ce n’est qu’un VADS, ce qui oblige les policiers à être à côté d’eux pour interpeler ces usagers indélicats. A longueur de journée, ils sont victimes d’injures et autres propos malveillants. Bertrand Hien invite les parents d’élèves et les enseignants à sensibiliser les enfants afin de faciliter leur tâche parce que certains enfants refusent de respecter les consignes. « Il y a des élèves qui ne respectent rien. On est obligé de les ramener à la raison, les garder auprès de nous avant de les faire traverser. Les parents aussi devraient nous accompagner dans ce sens ainsi que les enseignants » a-t-il souhaité. L’incivisme surtout dans la circulation routière a atteint un niveau qu’on ne peut pas imaginer une journée sans ces VADS aux abords des écoles. « Si les VADS n’étaient pas là, on n’a pas besoin de vous dire ce qui va arriver. Avec eux, on a toujours des accidents, je vous laisse imaginer. Il faut mettre un policier, un VADS, en plus des feux pour que les usagers  acceptent obtempérer. Vous imaginez que les VADS ne soient pas là parce qu’il y a des carrefours où on déploie uniquement que des VADS sans les policiers parce que nous n’avons pas assez de personnel pour veiller à la sécurité de la ville et à la sécurité routière.  Je n’irai pas loin pour vous dire que ça sera compliqué » a soutenu l’officier de police Mahamadou Garango.  «Si les VADS n’étaient pas là, il y aurait beaucoup d’accident parce qu’il y a trop de d’engins et en plus ils circulent à vive allure » a soutenu aussi Omar Issa boucher à côté des écoles centre. Il invite les VADS à rester vigilants pour mieux aider ces enfants. L’officier Garango,  invite par conséquent la population a adopté un comportement civique et à apporter un soutien à ces jeunes volontaires.  Pour lui, « ces actions qui sont menées sur la route par les VADS, c’est dans le cadre du bien-être de la population, c’est pour  veiller à leur sécurité routière.  Dès que les usagers voient les injonctions d’un VADS, ils doivent obtempérer.  La population doit leur apporter son aide quand le besoin se fait sentir ».  

 La structure des VADS est née du   constat que la population est entrain de grossir de façon exponentielle. En plus, elle est concentrée dans les villes et de surcroit les voies sont étroites ce qui occasionne de nombreux accidents. Entre autres attributions les VADS  apportent  leur contribution au niveau de la circulation routière et contribuent à renforcer les mesures préventives dans les zones à risque. Ils sont là aussi pour se déplacer dans la ville pour apporter encore plus de renseignements qui peuvent être nécessaires pour le bien être de la ville. Pour toute action dans le cadre préventif que la police mène, les VADS peuvent apporter leur contribution également. Le recrutement des VADS répond aussi au souci de lutter contre le chômage. Ils sont au nombre de 60. Chaque jour, c’est une quarantaine de VADS qui est déployée sur les voies. Ce personnel n’est pas suffisant. il n’arrive pas à  quadriller la ville.  Les responsables de police font simplement  un choix en les déployant dans  les zones dangereuses, les zones à risque pour minimiser les cas d’accident. L’accent est mis au niveau des écoles qui sont au bord des grandes voies.
Dar Flavien Da




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *