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Les Echos du Sud-Ouest

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Economie : Bouroum-Bouroum, l’autre Boromo du sud-ouest


Il n’y a pas de gare routière à Bouroum-Bouroum, commune située à une vingtaine de km de la capitale régionale Gaoua. Mais les cars en partance sur Diébougou-Bobo ou Ouagadougou font une escale. Ces arrêts sur la nationale 12 permettent à de nombreuses femmes de gagner leurs vies à travers le petit commerce. Le sujet a intéressé la rédaction de Bafujiinfos.com.

La plupart des passagers marquent  une escale à Bouroum-Bouroum. Même si cette commune ne dispose pas de gare, la position stratégique de la commune profite énormément aux femmes. A l’arrêt d’un usager à l’escale de Bouroum-Bouroum, les femmes s’empressent de présenter leurs produits en ces termes. « kou béi, Tchongon béi … En langue Dioula ou lobiri il y a ignames, pois sucrés, monsieur il faut payer ». A ces produits s’ajoutent le miel, des gâteaux et même du charbon. C’est dire que  la chasse aux  clients est  le quotidien de ces femmes.

Les femmes gagnent-elles leur pain ?

Il y a de cela 05 ans que Odile Momo vend des ignames sur cette voie. La trentaine environ, Mademoiselle Momo s’approvisionne en igname à Passéna, Loropéni et même en Côte d’Ivoire. De l’avis de cette dernière c’est difficile de mener une telle activité sans un moral de fer. « Les gens nous insultent, certains ne veulent même pas qu’on s’approche d’eux à forte raison même de toucher leur véhicule. La réaction de certains clients nous choquent ». Tout n’est pas que injures sur cette voie affirme notre interlocutrice. « Il y a des gens qui nous admirent et nous apprécient  et ça nous ragaillardit, sinon ce n’est pas facile». L’une des grandes difficultés que rencontrent ces commerçantes est la conservation des produits. « Lorsqu’on les expose au soleil ça ne tarde pas à pourrir » dixit Isabelle Dibloni. Nous voulons de l’aide mais à certaines conditions. » Nous avons approchés des institutions financières mais leurs conditions ne nous aident pas du tout » clame t-elle. Malgré tout, la plupart des femmes disent tirer leur épingle du jeu. « On ne peut jamais dire que ça va.J’arrive à économiser pour mes projets et je viens en aide à la famille » a reconnu Isabelle Dibloni.

Des clients apprécient

Pour Souleymane sawadogo, un convoyeur d’une compagnie reliant Gaoua à Ouagadougou, les femmes sont à féliciter et à encourager. Contre vents et marées, elles affrontent les clients pour gagner leur pain. Souleymane ne trouve pas d’inconvénients  que ces femmes présentent leurs produits aux clients à l’intérieur des véhicules. A bord de sa moto pour Diébougou, Sawadogo Lassané est un habitué de ces femmes : « A chaque fois que je traverse bouroum-bouroum, je m’approvisionne ici. Ce sont des femmes battantes qui certainement viennent en aide à leurs époux ». Cependant Lassané invite les femmes à éviter la surenchère.

Approché, le maire de la commune, Koko Momo affirme qu’une étude est en cours afin d’évaluer l’apport réel de ce type de commerce dans le développement de la commune. Il indique par ailleurs qu’une réorganisation de ces dernières n’est pas à exclure.

Dalou Mathieu Da



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