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Les Echos du Sud-Ouest

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A la découverte des peuples du sud-ouest : Les Djan fondateurs de Diébougou


 On dénombre  au  Burkina Faso une soixantaine d’ethnie repartie dans plusieurs régions du pays.  Dans la région du sud-ouest on retrouve une dizaine d’ethnie   dont  les Djan.  Ces Djan sont  minoritaire au sud-ouest. Nous sommes allés à la rencontre du chef de terre de Diébougou Sié Félix OUATTARA pour mieux comprendre qui sont les Djan ? D’où viennent-ils ?  Comment sont-ils organisés. Lisez plutôt.

Felix Ouattara en tenue traditionnelle échangeant avec l’ambassadeur d’Allemagne et du Brésil

Bafujiinfos.com : Qui sont les Djan ?

Sié Felix OUATTARA :  C’est une ethnie du sud-ouest qui se trouve à Diébougou , Bondigui, Dolo, Sorondjigui, Moulé, Wan, Tchèdja, Bogorogo. Le mot djan signifie être soudé de sorte à  ne pas faire quelque chose au hasard. C’est dire qu’il ne  faut pas laisser des failles pour que l’ethnie  s’explose .

Bafujiinfos.com : D’où viennent les Djan ?expliquer nous leur itinéraire  et les les zones traversées.

Sié Felix OUATTARA : Nous sommes originaires du Ghana, dans un village nommé Tchoungbiyon, le premier descendant s’appelait KAM Olé Nayonm, il était le chef suprême de tous les Djan au Ghana  à Nandom et à Lora. Il était un guerrier et chasseur. C’est lui qui est venu ici en exploration et il a découvert que la terre était fertile.  Après avoir traversé la volta le Mouhoun, il y’avait une caverne, il y est rentré et entre temps un  animal est venu et  a bouché le trou  de la caverne. Il y a fait plus d’une semaine et c’est son chien qui l’a aidé a creuser et  à sortir tout fatigué . Entre temps il a vu des phacochères qui passaient et en tant que bon chasseur il a su qu’il y a une marre ici,  il a suivi  et s’est désaltéré. Puis il vit la pierre qui a bougé et quand il a voulu regardé c’est une tortue de marre. A l’époque  tous ses patriarches au Ghana croyaient qu’il était décédé. Ils s’apprêtaient à faire ses funérailles. Ils ont même appelé tous les Djan qui sont au Ghana que  le grand patron a disparu ça vaut plus de deux semaines. Dans la semaine ou ils devraient célébrer ses funérailles,  ils ont emmené des bœufs, des cauris, et du  dolo pour organiser des funérailles pour leur chef, et la veille dans la nuit il est arrivé. En son temps il n’y avait pas de lampes ni de lumières, c’était avec des tiges de mil qu’ont s’éclairait. Il est rentré sans qu’on ne sache. Vous savez, chez nous les Djan, a une certaine heure pour vérifier que tu es mort  soit on dépose du tô ou du dolo, si le cadavre vient toucher au tô ou au dolo on sait effectivement qu’il est mort et quand l’heure est arrivé ils ont envoyé sa sœur cadette de rentrer voir s’il a touché au tô ou au dolo . Et quand elle est  rentré elle a vu Nayon qui était assis . Elle croyait que c’était son fantôme, elle a voulu criée Nayon l’a dit de se taire que c’est lui-même .L’histoire raconte qu’il avait des cheveux mélangés et détenait une canne tout en or, une femelle de cauris et trois épis de mil, on ne sait pas où il a eu ça mais on s’est dit que ce sont les génies qui l’ont remis. Donc c’était devenu une grande fête, chez nous les Djan . Tous les moyens que les gens avaient mobilisés pour ses funérailles lui ont permis de payer d’autres personnes, créer une forte armée , payer des chevaux . Maintenant pour se déplacer du Ghana pour venir s’installer au Burkina Faso c’était compliqué. Puisque ayant des femmes,  des enfants et beaucoup d’animaux . Ils ont choisi une date ou il devrait quitté là-bas en groupe ,  la date qu’ils se sont fixé n’est pas arrivé et il est décédé à Nadom au Ghana. Mais avant de mourir, il avait indiqué  à son successeur KAM Bessior l’itinéraire qu’il doit suivre pour revenir au pays . La raison principale était la  fertilité des terres. Après les funérailles ils  se sont préparés et ont rejoint l’actuel Burkina Faso. A l’époque il n’y avait pas de religions révélée,  on était tous des traditionalistes, en venant ils ont créé un campement ou ils ont nommé Borpon. Ils sont resté là-bas jusqu’à une semaine ou tous les féticheurs Djan ont consulté pour savoir si en venant ils ne vont pas rencontrer des ennemis. Comme en son temps, il y’avait  l’occupation de l’espace, peut-être la bataille va être rude .  Le chef suprême a nommé d’autres sous-chefs pour permettre à notre ethnie Djan de ne pas disparaître. Ils ont pris la route de Poura, Fara . Il y a huit villages Djan et ceux de Dolo ont pris la route de Nako , le grand groupe a pris la voie de Nakar , Nandom ,Dombè. Maintenant quand on a voulu traversé le fleuve Mouhoun , ça coïncidé que y’avait pas de pont ,le chef suprême a pris sa canne en or poser dans l’eau puis attrapé le fils de sa sœur directe même père même mère qu’il a égorgé comme sacrifice et ils ont marché sur l’eau et traversé. Personne n’est mort et quand ils sont venus ils  se sont installés à Diébougou qu’ils ont nommé en langue Djan Djibougou qui signifie village blanc .

Bafujiinfos.com : On constate que les Djan sont majoritairement dans la province de la Bougouriba, qu’est ce qui explique cela ?

Sié Felix OUATTARA : Quand ils ont dépassé Nako, directement ils sont venus vers Tiankoura. L’hôtel de la terre de Tiankoura est arrangé par les Djan de Dolo et de Tiankoura , puid ils sont allés à Iolonioro .  De là bas ils sont partis s’installé à Dolo et le chef de Dolo a nommé un chef qui est parti a Wan et Bondigui et a crée de petit village. C’est la raison pour laquelle vous allez voir que dans la zone de Gaoua il n’y a pas de village Djan. Ils ne sont pas passé dans ces zones, ce que je sais et les parents ont dit il y a un groupe Djan qui a disparu  et on se dit que ça doit être les Gan parce qu’on a les même pratiques culturelle, même organisation vous voyez chez nous on a KAM chez eux c’est KAMA, ils ont SOUA  nous on a SOU c’est presque les mêmes noms.

Bafujiinfos.com : Dites-nous concrètement comment sont organisés les Djan ?

Sié Felix OUATTARA : Les Djan vivent en clan. Il y a les GNIMINOU , KAM , TAM, PALM . Pour éviter les disputes dans notre ethnie, il y a des parents a plaisanterie . Les KAM plaisantent avec les GNIMINOU et les TAM , les PALM avec les SOU . On est organisé en chefferie, en clan et en chef de famille. Chez nous il n’y a pas d’interdit en ce qui concerne le mariage.  Les SOU peuvent se marier au KAM , les KAM se marient au TAM , PALM. Vous voyez si un KAM se marie à un Sou  c’est matrilinéaire.

Bafujiinfos.com : De nos jours on remarque que la langue Djan est en voie de disparition, que faites vous pour la sauvegarde de cette langue ?

Sié Felix OUATTARA :  Si on ne fait pas beaucoup d’effort la langue risque de disparaître. Pour éviter la disparition de notre langue l’apprentissage doit commencer en famille. Il faut impérativement que chacun apprenne à ses enfants  la langue Djan. Si les enfants comprennent  la langue, demain ils apprendront à leur tour à leurs enfants. Nous avons créé une sous-commission de la langue Djan qui est chargé de promouvoir la culture djan. Nous avons   organiser également un grand colloque Djan et les Djan vivant en Amérique, Tchad, Cameroun sont venus . Si nous avons pu rédiger des en Djan et que les enfants arrivent à lire, la langue ne va pas disparaître. A cela , il faut ajouter l’organisation des journées pour promouvoir la langue et la culture djan.

Interview réalisé par Victorien DIBLONI




2 thoughts on “A la découverte des peuples du sud-ouest : Les Djan fondateurs de Diébougou

  1. KAM Sié Lompo

    MR Sié Félix Ouattara a cité les villages Djan sans citer DIARKADOUGOU, Bonfesso, Obro, Tchoungbougnon, Dalidja, Koboko et Pkèdja pourquoi ?
    Que dira t’il des Djan qui viennent de Poura vers les Balès?
    Parce que le fondateur du village de DIARKADOUGOU est venu de Poura et je surcrois que Diébougou n’est pas le premier village des Djan ou le plus vieux village Djan.
    Qu’on soit unanime la dessus parce que c’est le village de Dolo qui commande Diébougou si je ne me trompe pas?

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